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  • by Anaïs

Etre une femme dans l’espace public

Comment aider à dissoudre les tensions homme/femme et ouvrir l’espace en restant néanmoins en contact avec son féminin, en restant ouverte et fière ?


La twerkeuse Fannie Sosa mène une réflexion sur la place des femmes dans les espaces publics et les manières de se les réapproprier par la danse. Partie du constat que dans certains espaces publics, une femme qui stationne sans rien faire de spécial peut être considérée par certains hommes comme une femme qui sollicite et ainsi subir une forme de violence, elle s’est demandé comment, en tant que femme, être qui on est ? Et c’est dans ces espaces de tensions qu’elle a décidé de réaliser des sessions de twerk improvisées, une manière pour elle de « s’enraciner dans un territoire » et de « réclamer la place publique ».

Les regards masculins peuvent être insistants, parfois même les hommes s’approchent pour « faire des propositions », en entrant dans l’espace de cette femme qui attend. Selon la socio-ethnographe Chris Blache : « Les femmes ne sont pas absentes de l’espace public, elles en développent une occupation particulière. Les hommes l’occupent, les femmes s’y occupent… ».


Face à ces comportements masculins, très vite on peut se laisser tenter par une approche offensive. Mais est-ce vraiment le meilleur moyen de réagir aujourd’hui ? Comment aider à dissoudre les tensions homme/femme et ouvrir l’espace en restant néanmoins en contact avec son féminin, en restant ouverte et fière?

Fannie propose deux manières d’agir en fonction de la situation :

- un homme vous aborde avec des propos prédateurs ou à connotation phallique ?

Faites lui répéter plusieurs fois ses propos : « Pardon, j’ai pas compris ? » en prenant à partie les passants. Au bout d’un de quelques répétitions, il est fort probable qu’il prenne du recul et en perçoive la violence, au point même de se justifier ou de se sentir inconfortable. Vous lui offrez l’opportunité de réfléchir à son attitude et transformez l’énergie de l’agression en non agression.

- à votre passage, un homme vous regarde avec insistance : dites lui « Bonjour », « ca va ? » sans vous arrêter pour autant. Comprendre que l’autre vous demande de lui accorder de l’attention et bien vouloir faire ce geste plutôt que de l’ignorer, peut aider à désamorcer la tension. Chacun souhaite être vu et reconnu par les autres, reconnaître ce phénomène permet d’avancer ensemble.

Pensons aussi à reconnaître les autres femmes, leur beauté, à sortir d’un modèle de compétition. On peut prendre un temps pour parfois exprimer cela : « Vous êtes belles ! ».


Pour Fannie, le twerk est un « outil pour devenir soi-même » en réalisant des « gestes de pouvoir », c’est une « danse magique de l’espace utérin ». On pourrait aussi dire ça du Longo dont une grande partie des mouvements vient solliciter ce bassin. Finalement, les danses qui ramènent le mouvement dans le bassin, qui lui permettent de bouger, de s’exprimer dans un monde où il est bridé, sont de réels outils de libération de la femme et de son pouvoir intérieur. Et même si le monde humain en a très peur, la planète, elle, en a vraiment besoin.

Alors, à vos bassins mes dames, et vive le mouvement !


Le reportage sur Fannie Sosa ici : https://vimeopro.com/jhoepffner/femmeuses-en-ville/video/104965843

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